LES JEUNES PHILANTHROPES : UNE RELÈVE ENGAGÉE ET CONCERNÉE

JPQ

Plus sensibilisés, plus volontaires, plus investis… Les nouveaux philanthropes sont littéralement en train de créer un mouvement de fond et d’instaurer une véritable culture de la philanthropie, jusqu’à tout récemment pratiquement absente chez nous. Coup d’œil sur cette nouvelle cohorte de donateurs qui est en train de renverser la vapeur.

Se rassembler pour créer le mouvement

Tous les acteurs du secteur de la philanthropie au Québec le confirment : un mouvement de fond est en train de se dessiner. Et ce sont les jeunes qui le président. « Ils se sentent concernés et veulent contribuer, constate Karen Bouchard, directrice générale de la Fondation Québec Philanthrope. Ils veulent faire quelque chose pour le mieux-être de notre communauté ! »

Le Journal de Québec – Cahier spécial philanthropie – 11 novembre 2017

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D’où l’émergence de regroupements tels que les Jeunes Philanthropes de Québec, un organisme 100 % bénévole créé par des jeunes de Québec qui s’est donné la mission d’éduquer les jeunes à la philanthropie. « Toutes nos activités vont dans ce sens, explique Marie-Andrée Blanchet, présidente des Jeunes Philanthropes de Québec et responsable aux stratégies partenariales. Nous voulons créer un mouvement philanthropique pour que les jeunes gens d’affaires soient sensibilisés à ce qu’est la philanthropie, à la façon de la pratiquer. »

La Fondation du Musée national des beaux-arts du Québec compte son propre regroupement de jeunes philanthropes. Les membres du Cercle 179 planifient des activités et des événements qui visent la réalisation de la mission et qui contribuent à bâtir une tradition de mécénat pour l’avenir.

Parce que l’avenir, les jeunes philanthropes y pensent et s’assurent de trouver une relève qui prendra le flambeau. Dans la même veine, l’Université Laval compte, elle aussi, son regroupement de jeunes philanthropes. « Nous avons créé l’Association des Jeunes Philanthropes de l’Université Laval pour éduquer une relève encore plus jeune. Nous ne serons pas de jeunes philanthropes à jamais. C’est pourquoi nous créons des bassins versants; ceux qui nous précèdent nous transmettent des connaissances et de l’expertise et nous faisons de même avec des philanthropes plus jeunes. En les exposant à différentes causes, ils pourront, eux aussi, trouver la leur, indique Mme Blanchet. Ce sont des jeunes hyper motivés. Les coprésidents de l’Association des Jeunes Philanthropes de l’Université Laval sont des leaders d’avenir et sont appelés à faire de grandes choses pour la philanthropie. »

Des moyens financiers plus limités, mais une énergie débordante

Ceux qui croient que les nouvelles générations ont peu à offrir, compte tenu du fait qu’elles commencent dans la vie et que leurs ressources financières sont limitées, n’ont qu’à bien se tenir. La relève en philanthropie annonce gros. Plus engagée, avec le désir très clair de changer les choses, elle n’hésite pas à bousculer les façons de faire établies jusqu’à maintenant. « Les jeunes libèrent du temps pour ce en quoi ils croient, estime Karen Bouchard. Ils vont sur la place publique et suscitent l’entraide. »

Il ne faut pas oublier que si, aujourd’hui, les dons qu’ils peuvent verser personnellement sont à la mesure de leurs moyens, demain, ils seront mieux établis et déjà sensibilisés à l’importance du geste du don. Voilà qui promet un avenir plutôt reluisant pour la philanthropie. D’ici là, ils participent activement à la vitalité du secteur en déployant d’autres moyens. « Ils engagent, ils interpellent tous les réseaux possibles et ça se multiplie, observe Mme Bouchard. Ce sont des multiplicateurs de la générosité. »

Une perception que partage entièrement Evan Price, figure bien connue dans le milieu philanthropique de Québec, président de CO2 Solutions et copropriétaire de l’Auberge Saint-Antoine. « Je suis encouragé parce que, ce que je vois chez les jeunes, ceux qui sont actuellement dans la vingtaine, sont beaucoup plus sensibles à la philanthropie que l’ont été ceux de ma cohorte. Pour eux, c’est in de donner. Et c’est comme ça qu’il faut que ce soit perçu. Il faut que ce soit normal de s’investir, et non pas exceptionnel. Ce qui devrait être exceptionnel, c’est de ne rien faire. »

Individualistes, les jeunes?

Les jeunes sont résolument branchés. C’est un fait incontestable. Ils sont portés sur leur téléphone intelligent, communiquent par « texto », interagissent sur les réseaux sociaux, « pitonnent » volontiers sur leur ordinateur, si bien qu’on les croit centrés sur eux-mêmes. Or, c’est justement par l’entremise de ces canaux qu’ils se mobilisent pour une cause. « Il ne faut pas négliger l’effet des réseaux sociaux, estime Mme Marie-Andrée Blanchet, présidente des Jeunes Philanthropes de Québec et responsable aux stratégies partenariales. Les jeunes qui assistent aux événements que nous organisons se « taguent », ce qui suscite un effet d’entraînement qui finit par créer une communauté de gens qui ont les mêmes valeurs. »

Des philanthropes à la fois conscientisés et qualifiés

En plus d’être volontaires et engagés, les jeunes qui forment la nouvelle génération de philanthropes sont grandement qualifiés. Ils en connaissance tout un chapitre sur la gestion testamentaire, la gestion du patrimoine, le notariat, les assurances, la fiscalité : autant d’expertises incontournables quand on aborde l’action philanthropique, notamment lorsqu’on parle de dons planifiés, encore trop mal connus.

C’est justement pour cette raison que les Jeunes Philanthropes de Québec souhaitent de plus en plus inciter les PME de la région afin de les encourager à passer le mot à leurs jeunes employés afin qu’ils s’impliquent. « L’engagement est de plus en plus valorisé en entreprise, rappelle Mme Blanchet. Nous voulons que les jeunes travailleurs sachent qu’il y a de la place pour qu’ils s’investissent avec nous et que nous sommes prêts à grandir avec eux. »